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Tech' - Philo - Necro, Shisha no Teikoku ou l'art de voir les zombies autrement

By Keitsuya
Oct 30, 2017 07:10

Shisha no Teikoku (The Empire of Corpses) est un film d’animation sorti en 2015 et issu du Projet Itoh.

Point culture

Une fois n’est pas coutume, parlons un peu des auteurs ! Le Projet Itoh a pour volonté de faire connaître par le biais de l’animation trois œuvres littéraires à succès appartenant au domaine de la science-fiction. Ito Keikaku (Project Itoh) de son vrai nom Ito Satoshi est un écrivain japonais ayant reçu plusieurs nominations. Il démarre sa carrière en 2007 avec Gyakusatsu Kikan (Genocidal Organ), qui reçoit la même année le Nihon SF Taishō Award (équivalent japonais du Nebula Award américain).  En 2008, il sort Harmony, qui recevra le même prix en 2009, année qui marque la fin de sa carrière. C’est à l’âge de 34 ans, qu’Ito Satoshi meurt d’un cancer, laissant derrière lui une trentaine de pages de son dernier roman : Shisha no Teikoku. C’est donc son collaborateur Toh EnJoe qui reprend le travail laissé en suspens par Ito. Shisha no Teikoku est publié et récompensé en 2012. Et ce point culture est important car il permet d’éclairer au moins un peu l’illustre « bordel » qu’est l’adaptation animée de Shisha no Teikoku, œuvre co-écrite par un écrivain de science-fiction et un écrivain de fiction spéculative.

Enfin, les trois œuvres citées ci-dessus, dans le cadre du Projet Itoh se sont toutes vues adaptées en films d’animation : Shisha no Teikoku (2015), Harmony (2015) et Gyakusatsu Kikan (2017).

 

 

Un récit philosophique dans une ambiance Steampunk

Shisha no Teikoku dure deux heures. A priori, on peut se dire que c’est long, mais en vérité et au vu des thèmes abordés la durée est courte, très courte et cela se ressent par un aspect brouillon, voire bordélique. Des éléments de réponses aux questionnements soulevés par l’intrigue passent à la trappe, sont expliqués avec maladresse, des noms de personnages fusent sans réelle présentation, en outre il y a dans ce film beaucoup d’idées à caser pour un laps de temps limité.

La collaboration des deux auteurs se fait sentir et semble scinder le film en deux parties : Le début, sous la plume d’Itoh, nous laisse entrevoir un monde où l’aspect technique et le développement technologique ont une incidence directe sur l’évolution de la société européenne du 19ème siècle. Puis Toh EnJoe vient mettre son grain de sel avec son roman d’hypothèses et vient aborder des thèmes philosophiques, intéressants mais bien trop complexes pour être bien décortiqués. Le fonctionnement du cerveau, la pensée, les sentiments et émotions, sans compter l’influence technologique et scientifique sur l’humanité… C’est passionnant, mais on s’y perd ! Aussi vaut-il mieux s’accrocher pour ne pas se noyer dans cette intrigue décousue.

Peu à peu, l’aspect scientifique et technologique se fait bousculer par l’étrange et le mystique. La société qui utilise la résurrection pour faire des cadavres de parfaits esclaves visant à faire avancer l’industrialisation questionne. Est-ce seulement le pouvoir de la science, ou y a-t-il autre chose ? C’est ainsi que John Watson, étudiant en médecine, se retrouve impliqué dans une aventure troublante, une recherche de la vérité. A son côté, il y a ce nécromate, Friday, son ami décédé, à qui il a redonné vie. Son objectif : Faire en sorte que Friday retrouve son âme.

Le contexte bien que déstabilisant est intéressant et travaillé. Les zombies, ici appelés nécromates, font le charme de ce film d’animation et représentent plus que jamais le non-sens des conflits. Les personnages principaux sont complexes et ne laissent pas indifférent, et, même si les personnages secondaires restent relativement stéréotypés, ils n’en restent pas moins attachants.

Enfin, Shisha no Teikoku est une œuvre digne du studio Wit Studio (Shingeki no Kyojin, Owari no Seraph, Donten ni Warau Gaiden), niveau graphisme et chara-design, rien à redire, c’est beau, c’est travaillé, les couleurs et notamment les jeux d’ombres et lumières mettent dans l’ambiance inquiétante qui se veut psychologique et mystérieuse, très souvent dérangeante. Mention spéciale aux « zombies » qui n’essaient pas de bouffer les héros à grands coups de gueules arrachées mais qui gardent un aspect humain, tout en restant angoissants à leur manière. Les ost sont toujours là où il faut, et viennent renforcer le suspense autant que les instants d’émotions. Le jeu des seiyû est par ailleurs excellent. Bon. Friday grince un peu, mais cela n’enlève rien à son charme !

Notation

OST ♥♥♥♡♡

Emotion ♥♥♥♡♡

Scénario ♥♥♡♡♡

Graphisme ♥♥♥♥♡

Personnages ♥♥♡♡♡

P.S : Ne zappez pas au générique, un petit bonus qui fera sourire les plus férus de littérature d’entre vous vous attend à la toute fin !

 

Synopsis :

21 grammes. C’est le poids qui disparaît, à la mort d’un individu. Cette masse représente l’âme. Au 19ème siècle, dans une Europe où Frankenstein et morts-vivants n’appartiennent pas aux légendes et aux contes, John Watson étudie la médecine. Repéré par le gouvernement britannique du fait de ses expériences, il se voit chargé d’une mission bien particulière, au cœur d’un pays ravagé par la guerre.  

Genre : Drame,Psychologique,Historique,Science-fiction,Mystère

Trailer
  • Disponible en DVD/Blu-Ray chez @Anime.

Mots clés : Film,ANIME