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Mary to Majo no Hana : Un hommage aux films de Miyazaki?

By Keitsuya
Mar 03, 2018 21:44

Une fois n’est pas coutume, parlons d’un film d’animation sorti récemment dans nos salles françaises ! Mary to Majo no Hana (Mary et la fleur de la sorcière) est le premier long métrage du studio d’animation PONOC (Summer Train), nouveau venu sur le marché. A la réalisation, nous retrouvons Yonebayashi Hiromasa, à l’origine du film Arrietty, sorti en 2010 et de Omoide no Marnie (Souvenirs de Marnie), sorti en 2014. Que dire de ce réalisateur, si ce n’est qu’il a travaillé sur quelques célèbres films de Miyazaki Hayao (Ponyo, Chihiro) ? Eh bien, que c’est un homme qui aime remettre au goût du jour de vieux romans anglais !

L’histoire s’inspire en effet du roman britannique The Little Broomstick, de Mary Stewart (Le cycle de Merlin), paru en 1971. Nous suivons l’extraordinaire aventure d’une petite fille aux cheveux roux, nommée Mary, alors qu’elle vient tout juste de s’installer chez sa grand-tante, dans le village de Manoir Rouge.

Un film rafraîchissant à voir en famille

Loin du bouleversant Souvenirs de Marnie, ou des découvertes intrigantes d’Arrietty, Mary et la fleur de la Sorcière tire son épingle du jeu à sa façon :

Son personnage principal, plus jeune, au visage encore poupon de l’enfance se distingue de ses prédécesseurs : Avec la naïveté d’une petite fille ennuyée par la vie à la campagne, Mary accepte volontiers de se plier aux jeux scénaristiques sans s’étonner des phénomènes fantastiques.

Un jour, guidée par deux chats, elle trouve une fleur dissimulée dans la forêt, renfermant des pouvoirs magiques. Les événements se succèdent, et notre héroïne les subit avec entrain et intérêt. De la magie, un brin de tendresse, des méchants ensorcelés, des animaux plus qu’expressifs et une légèreté scénaristique font de ce film d’animation une œuvre capable d’émerveiller les plus jeunes, tout en étant agréable pour les plus âgés.

Une prévisibilité qui frôle la surprise

Les clichés sont nombreux et donnent du mou au film. C’est à croire que Yonebayashi l’a fait exprès, car à chaque fois que l’on se dit « Ouais. Il va se passer ça, c’est tellement vu et revu » on finit par remarquer que … Et bah en fait non. Il ne s’agit pas vraiment de rebondissements à proprement parler, mais de stratégies d’évitement qui parviennent à faire leur petit effet. Néanmoins, ces stratégies donnent lieu à diverses sous intrigues, qui ne trouvent pas de réponse ou si peu en deux heures. Ainsi, nous nous retrouvons avec des personnages peu ou pas développés, dont nous ne savons quasiment rien, et qui se retrouvent parachutés dans un nœud scénaristique, dont ils sont sortis avec tout autant de hasard.

De nombreux clins d’œil aux chefs d’œuvre de Miyazaki

Yonebayashi a travaillé aux côtés de Miyazaki, et cela se ressent tout au long de l’œuvre. Un peu trop parfois. Ne nous mentons pas, nous adorons ces films qui ont bercé notre jeunesse et nous ont sorti de notre routine Disney-Dragon Ball-Sailor Moon et autres séries poignantes du Club Do (ou Midi les Zouzous, ou autres programmes si vous êtes de la génération 2000). Cependant, trop c’est trop, comme on dit. Un clin d’œil au Voyage de Chihiro fait sourire, et rappelle à nos bons vieux souvenirs. Un sentiment de Kiki la petite Sorcière par-ci, une impression du Château Ambulant par-là, une scène digne de Mononoke Hime par ici, et le visionnage se transforme vite en un jeu de « Dans quel film j’ai vu ça, déjà ? ». Jeu qui bien entendu nous fait perdre le fil.

Il faut reconnaître tout de même que l’animation est absolument grandiose, fortement inspirée des studios Ghibli. Le chara-design des personnages, notamment les plus âgés nous rappelle ces grands-mères du Voyage de Chihiro et du Château Ambulant qui nous faisaient flipper mais aujourd’hui sourire. Les paysages sont magnifiques et les détails de certaines pièces nous transportent dans l’univers d’Arrietty. Enfin, pour les plus attentifs d’entre vous, vous retrouverez une thématique abordée dans Souvenirs de Marnie.

En bref, une merveille pour vos mirettes, pas forcément le meilleur film de Yonebayashi à ce jour, mais une œuvre qui interpelle par la moralité qu’elle parvient malgré tout à inspirer. Une chose est sûre en tout cas, nous suivrons de près les projets à venir de ce réalisateur qui tend à nous faire découvrir (ou redécouvrir) la littérature britannique au travers de l’animation japonaise !

Notation

OST ♥♥♡♡♡

Emotion ♥♡♡♡♡

Scénario ♥♥♥♡♡

Graphisme ♥♥♥♥♥

Personnages ♥♥♡♡♡

 

Synopsis :

Ce sont les vacances d’été, et la petite Mary vient d’emménager à Manoir Rouge, chez sa grand-tante. Peu habituée à la vie calme de la campagne, la fillette s’ennuie rapidement. Cependant, sa rencontre avec deux chats va venir bousculer sa tranquillité. Grâce à eux, elle va découvrir une fleur renfermant d’immenses pouvoirs… Mais aussi de terribles secrets.

Genre : Magie,Aventure,Fantastique,Animaux,Sorcière

Trailer
  • Licencié en France par Diaphana 
  • En salle depuis le 21 Février 2018
  • Existe également en manga et en livre aux éditions nobi nobi! 

Mots clés : CINEMA,Yonebayashi Hiromasa